Évolution du cumul des précipitations

Une tendance à la baisse du cumul annuel des précipitations sur l’Occitanie de l’ordre de 15 mm par décennie (soit 1,6 %) est observée sur 1960-2020 (figure 1.2), mais sans significativité statistique5.

À l’échelle saisonnière, on observe également une diminution des précipitations en été, particulièrement en Languedoc-Roussillon, ces tendances étant significatives notamment sur le nord-ouest du département de l’Hérault. Une diminution (sans significativité statistique) des précipitations est également observée en hiver. En revanche, aucun changement de long terme des précipitations de printemps et d’automne n’a été mis en évidence. Compte-tenu de la variabilité naturelle relativement forte des précipitations d’une décennie à l’autre, les tendances des cumuls annuels et saisonniers dépendent en partie des périodes considérées (Dubuisson et al., 2020) et ne sont pas nécessairement imputables au changement climatique.

Les évolutions d’ici au milieu du siècle sont relativement faibles, de l’ordre de 5 % de baisse du cumul annuel et du nombre de jours de pluie par rapport à 2001-2020. Elles sont plus prononcées pour la fin de siècle, avec une baisse du cumul annuel de l’ordre de 11 % en RCP4.5 à 14 % en RCP8.5 et du nombre de jours de pluie respectivement de 15 à 17 % selon les régions. Quel que soit le scénario considéré, les tendances qui se dessinent pour la fin de siècle sont une légère augmentation possible des précipitations d’hiver, une baisse au printemps et à l’automne qui est du même ordre que celle du cumul annuel. Les changements sont plus marqués en été, avec une baisse de l’ordre de 14 % en RCP4.5 et 38 % en RCP8.5.

Neige

Toute la région peut être soumise à des événements neigeux à des fréquences et intensités variables, y compris le littoral méditerranéen. Des analyses de tendance de neige en plaine (altitudes inférieures à 500 m) montrent que sur 1960-2018, le nombre de jours avec chutes de neige a légèrement diminué (environ -1) sur la plus grande partie de la région, la diminution étant un peu plus importante (-3) en Ariège et dans l’Aude. Sur la même période, le nombre de jours avec au moins 1 cm de neige au sol a diminué de 2 à 6 (soit une baisse de 40 à 60 %) dans la moitié sud-ouest de la région et de 4 à 9 dans la moitié nord-est (soit une baisse de 60 à 80 % en moyenne, et plus de 80 % sur l’Hérault).

Les projections futures indiquent que les chutes de neige dépassant 1 cm en une journée deviendront de plus en plus rares. Notamment, en fin de siècle, dans le cas du scénario RCP8.5, les régions d’Occitanie de moins de 1000 m d’altitude ne devraient plus connaître de tels événements en automne et au printemps, et en hiver ils devraient être 5 à 10 fois moins nombreux qu’en 2001-2020. Ils seront moins exceptionnels à plus de 1000 m d’altitude, mais environ 3 fois moins fréquents qu’en 2001-2020. L’évolution des conditions d’enneigement en montagne est décrite dans le chapitre-enjeu Milieux Montagnards.

5 Le calcul de la tendance est ici une estimation statistique de la tendance « effective », mais cette estimation est très incertaine compte-tenu de la forte variabilité intrinsèque des précipitations d’une année ou d’une décennie à l’autre, même sur une période assez longue (60 ans ici).

Évolution des pluies extrêmes

Une hausse de l’intensité et de la fréquence des précipitations extrêmes a été mise en évidence sur le pourtour méditerranéen (Ribes et al., 2019) avec une augmentation de l’ordre de 20 % des pluies maximales annuelles sur la période 1961-2015. L’évolution n’est pas aussi nette sur la région Occitanie (Dubuisson et al., 2020) mais une tendance à la hausse est observée sur la partie Languedoc-Roussillon pour la surface concernée par des événements de plus de 150 mm (Samacoits et al., 2021) et 200 mm (figure 1.8).

Figure 1.8. Évolution observée de la surface maximale impactée par des précipitations supérieures à 200 mm/jour sur le Languedoc-Roussillon. La courbe en rouge représente la moyenne glissante des données annuelles par périodes de 11 ans.

L’augmentation déjà observée de l’intensité des épisodes méditerranéens incite à s’intéresser à leur évolution future. Il est nécessaire pour cela de mettre en oeuvre des modèles de climat capables de bien représenter ces phénomènes complexes. Jusqu’à récemment, les études s’appuyaient uniquement sur des ensembles de modèles régionaux de climat avec des résolutions spatiales voisines de dix kilomètres tels que le jeu DRIAS-2020. Elles indiquent une poursuite de l’intensification des précipitations quotidiennes extrêmes de l’ordre de 10 % en milieu de siècle, mais avec des différences assez marquées suivant les modèles. Toutefois, ces modèles ne permettent pas de représenter correctement l’ensemble des processus mis en jeu lors des épisodes orageux et sous-estiment les valeurs extrêmes des précipitations horaires.

Depuis peu, les équipes de recherche ont mis au point une nouvelle génération de modèles de climat. Avec des résolutions spatiales plus fines (2 à 3 km), une meilleure représentation de la topographie et aussi de certains processus météorologiques, ces modèles apportent une valeur ajoutée nette pour la représentation des extrêmes de précipitations horaires (Ban et al., 2021) et en particulier des épisodes méditerranéens (Caillaud et al., 2021). Une première étude a été réalisée avec douze modèles et des simulations de 10 ans selon un scénario RCP8.5 (Pichelli et al., 2021). Sur les régions méditerranéennes françaises, en fin de siècle, les nouveaux modèles à haute résolution indiquent une hausse plus marquée des précipitations extrêmes horaires que les modèles à résolution plus grossière.

Cette hausse est voisine de 16 % en moyenne entre 1996-2005 et 2090-2099, avec des disparités entre les modèles. Ces premiers résultats demandent à être confirmés par des études sur des périodes plus longues et avec davantage de modèles, ce qui devrait permettre, dans les prochaines années, d’apporter des réponses plus robustes aux questions posées sur l’évolution future des caractéristiques des épisodes méditerranéens.

Évolution des sécheresses

Une augmentation des sécheresses est constatée en Occitanie du point de vue météorologique via le nombre annuel maximum de jours sans pluie consécutifs (Dubuisson et al., 2020) et pour la sécheresse des sols dont la surface moyenne a triplé en Occitanie sur la période récente par rapport aux années 1960 (figure 1.9). Il est attendu que ces évolutions se poursuivent en climat futur. Le nombre de jours secs pourrait ainsi augmenter d’environ 25 % en RCP4.5 et doubler en RCP8.5.

Figure 1.9. Pourcentage de la surface de l’Occitanie touchée par des sécheresses agricoles (sols secs) en moyenne annuelle (source Météo-France : ClimatHD). La courbe en rouge représente la moyenne glissante des données annuelles par périodes de 11 ans.