Compréhension et gestion des processus sédimentaires et du trait de côte

La façade littorale de la région Occitanie s’étend sur un linéaire d’environ 220 km. Les côtes sableuses représentent environ 90% du linéaire total et sont constituées de différents ensembles : les plages, les dunes et lidos, les lagunes et étangs littoraux. Entre Le Racou (Commune d’Argelès-sur-Mer) et la frontière ouest de la Camargue, le littoral sableux est entrecoupé de plusieurs caps naturels rocheux (Leucate, le Cap d’Agde et le Mont St Clair) qui forment des frontières naturelles pour la dérive littorale. La quasi-totalité du littoral est constitué de basses plaines, particulièrement vulnérables à l’élévation du niveau de la mer et ses incidences sur les risques côtiers de submersion marine et d’érosion côtière.

Évaluation de l’impact des apports fluviaux, ouvrages et activités

François BOURRIN (UPVD – CEFREM), Mahrez SADAOUI (UPVD – CEFREM), Camille LABROUSSE (UPVD – CEFREM), Wolfgang LUDWIG, (UPVD – CEFREM)

Les fleuves côtiers du pourtour du Golfe du Lion (Tech, Têt, Agly, Aude, Orb, Hérault, Lez, Vidourle) ont un caractère torrentiel, soumis aux aléas du climat méditerranéen. L’essentiel des apports d’eau et de matières se déroulent en quelques jours depuis les bassins versants jusqu’à la zone côtière lors des crues de type cévenol. Malgré les épisodes exceptionnels de crues associées aux tempêtes Gloria et Vera de 2020, selon l’observatoire des tempêtes il n’y a pas eu plus d’évènements extrêmes durant les dernières décennies. Au contraire, on a observé une diminution du débit global ainsi que du nombre annuel de jours de crue notamment sur le fleuve Têt depuis les années 1980, ce qui implique une diminution généralisée des apports de sédiments à la zone côtière. Concernant l’impact de l’homme, les travaux récents (Sadaoui et al., 2016) montrent que les barrages jouent un rôle majeur dans le stockage des sédiments dans les bassins -versants des fleuves du Golfe du Lion en diminuant de presque 65 % les apports à la zone côtière. Cette perte se répercute directement au niveau du littoral où le déficit sédimentaire induit un recul du trait de côte sur la majeure partie du pourtour Golfe du lion (projet Revolsed, Brunel et al., 2014). Les programmes d’observation actuels soutenus par le ministère de l’environnement visent à mieux suivre l’évolution des débits liquides et solides des fleuves côtiers méditerranéens afin de mieux prédire l’évolution future des apports au littoral sous les effets des changements climatiques et des aménagements.

L’apport des méthodes douces

Hugues HEURTEFEUX (EID Méditerranée)

Concernant la gestion des dynamiques sédimentaires qui constituent le moteur de l’accumulation (accrétion) ou du départ (érosion) de sable sur les littoraux meubles, les solutions douces pour limiter l’érosion et maintenir des zones de protection (infrastructures naturelles) contre la submersion sont mises en place dans un objectif de travailler non pas contre, mais avec la nature. En effet les solutions douces intègrent les forçages météo (vents, vagues, courants) avec une pérennité et efficacité relatives, car si les forçages sont trop forts, l’ouvrage se disloque. Les plus connus parmi ces types d’ouvrages sont installés sur les dunes et visent à en limiter l’érosion. Il s’agit de ganivelles ou brise vents, c’est-à-dire des palissades en bois de taille ou bois fendus, de hauteur et d’espacement variables constitués le plus souvent par des lattes de châtaigniers (figure 6.2). Le principe est qu’un obstacle vertical favorise le dépôt de sédiments à sa base par piégeage éolien. Ces techniques sont le plus souvent assez peu onéreuses, facilement déployables et s’intègrent bien dans le paysage. A terme, elles peuvent contribuer à une amélioration de la biodiversité locale (nouveaux habitats) et de la qualité paysagère des sites.

Figure 6.2. Ouvrage de réhabilitation dunaire en Occitanie en 2005 lors de l’installation, puis en 2011
(Source : Hugues Heurtefeux)