Définition, enjeux et périmètre d’analyse

Hélène REY-VALETTE (UM – CEE-M), Yann BALOUIN (BRGM), Rutger DE Wit (IFREMER – MARBEC)

La définition géographique du littoral est souvent sujette à discussion, s’agissant d’une zone d’interface entre la mer et la terre, qui, à ce titre, est à la fois très riche en termes de biodiversité et très convoitée au niveau des usages et de l’occupation du sol. En terme opérationnel, les territoires littoraux sont le plus souvent définis par les communes littorales au sens de la loi Littoral qui, depuis 1986, limite l’urbanisation de ces zones.

De plus en plus souvent, notamment pour les questions de gouvernance, l’échelle de référence est celle des SCOTs littoraux au sein desquels les communes strictement littorales, au sens de celles concernées par la gestion du trait de côte et les activités marines, ne représentent en général qu’un petit nombre de communes. Or les territoires littoraux en tant que milieu d’interface et territoires fortement urbanisés qui associent à la fois des activités d’économie résidentielle et d’économie bleue à la fois touristique et maritime, sont fortement vulnérables au changement climatique (CC) avec des différences d’approches importantes selon les types d’aléas considérés. Nous établirons une partition, qui sera reprise pour structurer ce chapitre, entre :

La montée du niveau de la mer et ses impacts sur l’érosion et la submersion avec de conséquences :

  • sur les politiques et modes d’habiter le littoral ;
  • sur la destruction des habitats dunaires et des zones humides, mais également la possibilité de récréer ces habitats ailleurs en cas de renaturalisation (retrait stratégiques, destructions infrastructures, abandon exploitations salinières).

Les transformations biophysiques des milieux marins et saumâtres (température de l’eau, acidification, salinité …) qui vont impacter la biodiversité (répartition des espèces et la multiplication de certains processus (espèces invasives, contaminations bactérienne…) et les activités de pêche et de conchyliculture qui dépendent de ces milieux. Une partie spécifique est dédiée à la question de l’observation qui occupe une place centrale, à la fois parce que les milieux littoraux sont plus difficiles à instrumentaliser comparativement aux milieux terrestres, et parce que, la question de la disponibilité des données va devenir de plus en plus stratégique face aux incertitudes croissantes générées par le changement climatique. Il s’agit en effet :

  • d’améliorer la connaissance et le suivi de ces changements de façon à pouvoir les anticiper et concevoir des mesures d’adaptation évolutives pour s’ajuster aux bifurcations éventuelles ;
  • de suivre les effets des mesures d’adaptation afin de proposer des correctifs dans le temps.